Tidjane Thiam : « Nous avons des adversaires, mais jamais des ennemis »
Dans un discours d’une quinzaine de minutes, le banquier d’affaires, qui a hérité de la présidence du parti après son élection en congrès fin 2023, fait un rappel historique des grandes étapes de construction du PDCI-RDA, né le 8 avril 1946 en pleine domination française, et dont les sections se répandent vite en Afrique de l’Ouest au nom de la lutte anticoloniale.
Dans un ton bien plus apaisé que durant la période électorale de l’an dernier, « Titi », pour les intimes, tend la main à ses rivaux politiques : « Nous avons des adversaires, mais jamais des ennemis. Vous avez noté qu’après les événements qui ont marqué 2025, j’ai tenu à ce que le PDCI assiste à la présentation des voeux de Nouvel an au président de la République. C’est une indication que le PDCI a toujours été du côté du respect des institutions et de la réconciliation. »
Mais malgré les applaudissements soutenus et les hommages appuyés des cadres et militants rendus à Thiam, l’ancien parti unique ivoirien enchaîne les secousses depuis la disparition en août 2023 de son charismatique chef Henri Konan Bédié. Déjà traversée par des divisions internes et des rivalités de succession bien avant la mort du « Sphinx de Daoukro », la formation paye aujourd’hui l’ultra-verticalité de sa gestion, culture politique commune à tous les partis ivoiriens, du PPA-CI de Gbagbo au RHDP de Ouattara.
Un parti fragilisé malgré l’unité affichée
Et bien que Tidjane Thiam a ramassé le flambeau en se faisant élire haut la main à 96 % cinq mois après le décès de son mentor, le PDCI reste coincé dans un tunnel d’incertitudes sur son avenir politique.
Thiam, empêché de candidater à la présidentielle d’octobre 2025 car rayé des listes électorales pour cause de citoyenneté française (il faut être exclusivement ivoirien pour être éligible à la candidature, NDLR), a tout de même rejeté toute alternative à sa candidature (« Il n’y aura ni plan B ni plan C »). Aux législatives qui ont suivi en décembre, le parti perd la moitié de ses sièges de députés à l’Assemblée nationale.
Et pour couronner le tout, les maires d’Abidjan Jacques Ehouo (Plateau), Sylvestre Emmou (Port-Bouet) et Jean-Marc Yacé (Cocody) refusent d’intégrer leur groupe parlementaire, présidé par Me Jean-Chrysostome Blessy que les trois élus accusent d’avoir été imposé par la haute hiérarchie du parti. Ils seront suivis par trois députés supplémentaires trois mois plus tard, eux aussi reprochant « un défaut de concertation, un déficit de communication et l’exclusion de députés du bureau de l’Assemblée nationale. » Parmi les frondeurs, la députée de Bocanda Eliane N’Zi N’da ajoutant : « Le silence et l’inaction ne peuvent plus être une option. »






