La 64ᵉ session extraordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) se tient à Bamako les 20 et 21 juin. Les discussions portent sur l’avancement du projet de navigation sur le fleuve Sénégal. Ce projet revêt une importance stratégique pour les pays membres, notamment le Mali, un État enclavé qui cherche un accès aux marchés régionaux et internationaux.
Le Conseil des ministres du Mali a indiqué le 19 juin que les échanges aborderont aussi la gouvernance des sociétés du système OMVS. L’entretien et la maintenance des ouvrages de production et de transport d’électricité seront examinés. L’évolution des projets structurants de l’organisation figure également à l’ordre du jour.
Selon le site de l’OMVS, le projet de navigation occupe une part importante d’un programme de développement intégré. Le corridor fluvial, long d’environ 905 kilomètres, constitue l’épine dorsale d’un réseau logistique. Ce réseau allie navigation fluviale, routes et la ligne de chemin de fer Dakar-Bamako.
Les initiateurs du projet souhaitent utiliser l’augmentation des débits d’étiage du fleuve Sénégal. Cette hausse résulte des constructions de barrages. Ils veulent créer une voie navigable de grande capacité, équipée d’infrastructures portuaires. Plusieurs objectifs sont visés : favoriser l’essor économique du bassin, valoriser les ressources naturelles, accroître le commerce à l’intérieur du bassin et le commerce international des États membres, et améliorer l’accès aux marchés extérieurs des régions enclavées du bassin et du territoire du Mali. Selon les études de l’OMVS, cette voie devrait disposer à terme d’une capacité annuelle de 10 millions de tonnes de fret. Les coûts logistiques seraient très réduits, car une seule barge fluviale peut transporter l’équivalent de 40 à 50 conteneurs en un seul voyage.
Les travaux sur le corridor fluvial ont enregistré quelques avancées. Des travaux de dragage et d’aménagement du chenal ont été engagés en juillet 2025 par la société de gestion de la navigation et de l’exploitation de la navigation sur le fleuve Sénégal (SOGENAV). Ces travaux incluent le déroctage de seuils rocheux, le dragage de près d’un million de mètres cubes de matériaux meubles et l’installation d’équipements de balisage pour la sécurisation de la navigation. Une étude de cadrage stratégique lancée en mars dernier devrait définir une feuille de route pour achever l’ouvrage à l’horizon 2035.
Un projet de cette envergure pose des défis importants. L’entretien continu du chenal est nécessaire. La construction d’infrastructures portuaires adéquates est un enjeu. Le balisage et les financements durables sont également des défis. Des efforts coordonnés des États membres de l’OMVS sont requis pour faire de ce projet un levier stratégique pour le désenclavement et la croissance économique des pays de la région.






