Cartographie des TMS : Dr Gilbert Bama propose une prévention ciblée dans les mines au Burkina Faso

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont la première cause de handicap dans le monde. Dans le secteur minier, ces affections sont très répandues. Le Dr Gilbert Bama, médecin du travail et biotoxicologue industriel, a présenté une étude lors du Forum africain des technologies de la santé, de la sécurité et du bien-être au travail (AFRISST). Ce forum s’est tenu à Ouagadougou du 2 au 4 juillet 2026.

Le Dr Bama définit les TMS comme des affections des muscles, tendons, ligaments, cartilages, nerfs et structures vasculaires. Elles résultent souvent d’efforts physiques intenses, de gestes répétitifs, de postures contraignantes ou de vibrations. Selon lui, les TMS sont un enjeu majeur de santé au travail et un risque pour la performance industrielle.

À l’échelle mondiale, les TMS touchent environ 1,71 milliard de personnes. Cela inclut 619 millions de cas de lombalgies. Les projections indiquent 843 millions de cas d’ici 2050. Plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues sont des TMS. Ces troubles affectent la sécurité des travailleurs, la productivité des entreprises et les coûts liés à l’absentéisme.

L’analyse du Dr Bama montre des disparités dans les mines. Au laboratoire, le taux de TMS atteint 55,36 %. Dans les opérations minières, il est de 50,22 %. Le secteur des projets enregistre 40,62 %. L’administration est moins touchée, avec 13,56 %. Cette répartition hétérogène justifie une évaluation sectorielle fine pour orienter la prévention.

Au niveau mondial, la prévalence des TMS dans les mines varie entre 55 % et 75 %. Les contraintes physiques incluent les manutentions répétitives, les postures prolongées, les vibrations et les efforts musculaires. Au Burkina Faso, des études antérieures montrent une prévalence globale de 90,86 % chez les mineurs. Les lombalgies sont les affections les plus fréquentes.

Le Dr Bama recommande des actions à court terme. Celles-ci reposent sur la sensibilisation et la formation des travailleurs aux gestes et postures appropriés. Il insiste sur la nécessité d’une prévention ciblée, fondée sur une cartographie des risques.

Les TMS ne relèvent plus d’un simple problème médical individuel. Ils constituent désormais un véritable enjeu de santé publique et de performance industrielle.

La douleur chronique, les limitations fonctionnelles et les inaptitudes professionnelles affectent la qualité de vie des travailleurs et la continuité de la production.

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