Le Centre d’excellence interdisciplinaire en intelligence artificielle pour le développement (CITADEL) a organisé sa troisième école d’été. L’événement s’est tenu du 22 au 27 juin 2026 à Ziniaré. Trente étudiants et doctorants de divers horizons y ont participé. Ils ont suivi une formation sur les bases de l’intelligence artificielle. Un hackathon leur a demandé de résoudre des problèmes locaux. La clôture a eu lieu le 27 juin avec la présentation des solutions devant un jury. Les meilleurs groupes ont été récompensés.
Le CITADEL est une initiative de l’Université virtuelle du Burkina Faso (UVBF). Des chercheurs burkinabè en intelligence artificielle le coordonnent. L’objectif est de former des compétences pour que le Burkina et l’Afrique deviennent acteurs de la révolution numérique. Le jury a salué le niveau des participants et les a encouragés à persévérer.
La compétition portait sur le thème : « Audiosémantique souverain : indexation et veille critique des messages vocaux en langue nationale : cas du mooré ». Six groupes ont développé des solutions. Chaque groupe a choisi un nom en mooré. Les solutions s’appelaient « Kèlga », « Sukré », « Rẽesa », « Goomdé », « Sockré » et « Tẽegré ».
Le jury, présidé par le professeur Francis Bassono, a évalué quatre critères : la pertinence du projet, la qualité technique, l’impact et la qualité des livrables. Le groupe III a remporté la première place avec sa solution « Rẽesa ». Il a obtenu une moyenne de 16,01 sur 20. Le groupe VI, avec « Tẽegré », a pris la deuxième place avec 15,7. Le groupe II, avec « Sukré », a terminé troisième avec 14,8.
« Les participants ont bien travaillé pour pouvoir présenter quelque chose de substantiel. Le classement était vraiment serré, mais il fallait forcément trancher. C’est dire qu’ils ont tous du mérite et nous exhortons ceux qui n’ont pas été retenus à prendre en compte les suggestions faites à leur égard par le jury. (…). Les solutions qu’ils ont développées sont très utiles pour la vie réelle ; ils ont travaillé sur la langue mooré, sa traduction, sa transcription, comment parvenir à détecter les fausses rumeurs, des propos de haine, etc. Ce sont donc des thèmes d’actualité qui méritent d’être abordés », a déclaré le président du jury, Pr Francis Bassono.
Le porte-parole du groupe gagnant, Ariel Shadrac Ouédraogo, a expliqué que « Rẽesa » signifie « prendre la parole ». La solution permet de récupérer des informations en langue locale et de les transmettre à l’utilisateur. Elle facilite l’utilisation de la technologie dans les langues locales. Elle détecte les fausses informations et aide à retrouver des messages perdus. Le groupe prévoit de maintenir la solution, de l’ouvrir et de la rendre accessible à tous. Il souhaite aussi la développer pour qu’elle soit décentralisée et facile à utiliser. Ariel Shadrac Ouédraogo a plaidé pour un accompagnement du CITADEL, du gouvernement et de partenaires privés.






