Une association a organisé une conférence publique sur la santé mentale à Ouagadougou. L’événement s’est déroulé le samedi 25 avril 2026 dans l’enceinte de l’Université Joseph Ki-Zerbo. Le thème retenu était « Jeunesse et santé mentale : de la pression à l’équilibre ». Cette rencontre visait à outiller les jeunes face aux défis psychologiques actuels. L’Association Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (ASTEJ) a été l’organisatrice de cette activité. Le parrain de la conférence était le Dr Jean-Baptiste Guiard-Schmid, directeur général de Kenaya Impact.
Selon le président de l’ASTEJ, Max Gombré, la santé mentale est un sujet préoccupant mais peu discuté. Il a déclaré que la santé mentale n’est ni un luxe ni un sujet réservé aux seuls professionnels.
« C’est une question qui concerne chaque famille, chaque employeur, chaque enseignant et chaque individu. C’est une question qui nous concerne tous. »
Max Gombré a ajouté que les jeunes grandissent dans un monde exigeant et rapide. Ils sont confrontés aux injonctions des réseaux sociaux et aux réalités du marché du travail.
« Nos jeunes grandissent dans un monde qui va vite, qui exige beaucoup, qui compare sans cesse et qui juge sans toujours comprendre. »
Le Dr Jean-Baptiste Guiard-Schmid a souligné que la santé mentale conditionne les autres dimensions de l’humain. Il a précisé que ce sujet est entouré de tabous et de non-dits. À l’échelle du continent, l’OMS estime que près de 150 millions de personnes souffrent de troubles mentaux. Une étude récente révèle qu’environ 41 % des jeunes Africains font face à des défis liés à leur santé mentale. Au Burkina Faso, une étude montre que 40 % de la population pourrait présenter des troubles mentaux à un moment donné de sa vie. Les ressources sont dramatiquement insuffisantes.
« À l’échelle du continent, on compte en moyenne un psychiatre pour 500 000 habitants. Au Burkina Faso, c’est probablement plutôt un psychiatre pour 800 000 à 1 million d’habitants. »
Le Dr Guiard-Schmid a expliqué que cette pénurie est aggravée par la stigmatisation.
« Je crois cependant que ces chiffres ne sont pas là pour nous décourager, mais pour nous réveiller. Avoir un problème de santé mentale n’est pas une faiblesse. »
Il a invité la jeunesse ouest-africaine et la communauté scolaire à déconstruire les tabous.
« Faisons donc de la santé mentale une priorité, car c’est la plus grande richesse que nous puissions cultiver. »
Max Gombré a conclu que se retrouver pour discuter de la santé mentale est déjà une forme de soin.
« Nous croyons que mettre des mots sur ce que vivent les jeunes, c’est déjà une forme de prise en charge. »






