À Loumbila, au Burkina Faso, l’orphelinat Sainte-Thérèse accueille une trentaine d’enfants vulnérables. Douze d’entre eux sont des nourrissons de moins d’un an. La directrice, sœur Cécile Dah, gère cette structure depuis trente ans. Chaque matin, les plus jeunes prennent leur lait. Les aînés sont déjà partis à l’école. Le calme règne dans la cour, mais la réalité est rude.
Le lait constitue une urgence permanente. Les nourrissons ne consomment que cela.
« Les tout-petits ont besoin de lait en permanence parce qu’ils ne consomment que ça. C’est une obligation pour nous qu’il y ait du lait pour ces enfants. »
Pour les plus grands, la faim provoque des pleurs. L’orphelinat doit trouver de la nourriture sans délai. Les activités génératrices de revenus aident à survivre. Une boulangerie et une unité de production de spiruline fonctionnent sur place.
« Nous faisons de la spiruline d’abord pour les enfants et c’est le surplus qui est vendu. Nous ne pouvons pas nous asseoir pour attendre les dons. »
Les charges restent lourdes. Le personnel doit être payé. Chaque employé a sa propre famille à nourrir.
Un autre combat concerne l’éducation. L’association Les Voix de l’Espérance porte un projet de lycée. Ce bâtiment permettrait aux pensionnaires de poursuivre leurs études après le primaire. Beaucoup d’enfants abandonnent l’école quand ils retournent dans leur famille.
« Nous avons constaté que lorsque les enfants quittent l’orphelinat, beaucoup arrêtent l’école par manque de moyens. Ils deviennent des cas sociaux. »
Les travaux devaient commencer en mars. Ils ont été retardés par des problèmes administratifs. Le récépissé de l’association a expiré. Les démarches de renouvellement sont en cours.
Les difficultés quotidiennes s’accumulent. Les coupures d’électricité perturbent les nuits. Les nourrissons pleurent quand le courant disparaît. Un don de ventilateurs rechargeables a apporté un soulagement temporaire.
« C’est une lutte en permanence pour que ces enfants ne manquent de rien. Nous sommes mobilisés 24 h/24 h. Certains pensent que nous avons de l’argent alors que non. »
Lors de la visite, les fils des panneaux solaires venaient d’être volés. C’était la quatrième fois. L’inquiétude s’est lue sur le visage de la directrice.






