Burkina : les archives, preuves pour les revendications selon Pr Diallo

Le Pr Hamidou Diallo, historien et ancien directeur des Archives nationales du Faso, a donné une conférence lors des journées portes ouvertes de la Semaine internationale des archives. Il a expliqué le rôle des archives comme mémoire des États.

Selon lui, ces documents garantissent les droits des citoyens. Ils aident aussi la justice, la recherche et le développement. L’universitaire a retracé l’histoire des archives en Europe, en Afrique et au Burkina Faso.

Il a rappelé la définition classique des archives. Ce sont des documents reçus ou constitués par une personne ou un organisme. Ils résultent de leur activité et sont conservés pour un usage futur. Ces documents concernent les administrations publiques et privées.

Les supports ont évolué. Le papier reste important, mais les formats numériques se développent. Les archives préservent la mémoire collective, comme les musées et les bibliothèques.

Le Pr Diallo a évoqué l’histoire des dépôts d’archives en Europe. Le roi Philippe Auguste créa un dépôt permanent après avoir perdu ses archives lors d’un conflit contre Richard Cœur de Lion. Les États ont ensuite organisé leurs documents pour mieux gouverner.

« Si on examine ce qui s’est passé, on se rend compte que le XVIIIᵉ siècle constitue le siècle propre de la constitution des dépôts d’archives. C’est à cette époque que le pouvoir avait besoin d’organiser les archives pour une meilleure gestion des États. »

Il a contesté l’idée que l’Afrique manquait de mémoire avant la colonisation. Il a affirmé qu’il existait des mécanismes de conservation, comme la tradition orale et les manuscrits musulmans. Les archives administratives modernes sont apparues avec l’Afrique occidentale française.

Au Burkina Faso, le démantèlement de la Haute-Volta entre 1932 et 1947 a dispersé des archives dans plusieurs pays. Les Archives nationales ont été créées en 1970. Leur développement a pris de l’ampleur sous la Révolution.

« Il y a eu un sursaut sous la Révolution. La volonté politique s’est affirmée de doter le pays d’un centre d’archives. »

Des pertes ont eu lieu. Des fonctionnaires brûlaient des archives pour gagner de la place. Selon le Pr Diallo, les archives sont un patrimoine stratégique pour la mémoire, la justice et la gouvernance.

Les archives servent aussi avant d’être historiques. Elles aident les administrations à assurer la continuité du service public. Elles éclairent les décisions. Elles défendent les droits des citoyens.

« Les archives sont des preuves pour appuyer des revendications. »

Il a cité les litiges fonciers, les pensions de retraite, les actes d’état civil et les contentieux frontaliers. Pour les différends avec des pays voisins, des chercheurs ont cherché des documents en France et aux États-Unis.

Il a mis en garde contre une confiance aveugle. Les archives ne sont pas l’histoire. Ce sont des témoins qu’il faut critiquer. Les archives coloniales reflètent souvent le point de vue des administrateurs.

« Il ne faut pas penser que parce que c’est écrit que c’est la vérité. »

Il a invité les chercheurs à confronter les archives avec d’autres sources, comme la tradition orale. Malgré les progrès, comme le rattachement des Archives nationales à la Présidence du Faso, des défis demeurent. Il a plaidé pour un nouveau bâtiment répondant aux normes internationales.

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