L’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) a débuté, le 1ᵉʳ juin 2026, une série de soutenances pour ses stagiaires du cycle B. Cette procédure est une nouveauté dans la formation professionnelle de l’institution. Trois cent quatre-vingt-neuf impétrants participent à cette session normale. Ils présentent leurs rapports de stage devant des jurys.
Cette mesure s’inscrit dans le plan stratégique de modernisation de l’ENAM. L’objectif est de renforcer la qualité des ressources humaines de l’administration publique. Les stagiaires sont répartis dans plusieurs départements : administration générale, magistrature, greffe et droits humains, gestion des services touristiques et culturels, gestion des services socio-économiques, gestion des emplois, formation professionnelle et lois sociales.
Les soutenances se tiennent sur trois sites. À Ouagadougou, elles ont lieu du 1ᵉʳ au 3 juin 2026. À l’Institut régional d’administration (IRA) du Goulmou, elles se déroulent les 5 et 6 juin. À l’IRA du Guiriko, elles sont prévues du 8 au 10 juin.
Rodrigue Oboulbiga, secrétaire général du ministère des Serviteurs du peuple, a présidé la cérémonie de lancement. Il a souligné le rôle stratégique de l’ENAM dans la formation des cadres publics. Il a évoqué les défis sécuritaires, les exigences de gouvernance et les attentes des citoyens. Selon lui, la qualité des ressources humaines est un enjeu central pour l’action publique.
« Dans un contexte national marqué par des défis multiformes, notamment la crise sécuritaire, les exigences de gouvernance publique, la modernisation administrative et les attentes croissantes des citoyens, la question de la qualité des ressources humaines devient plus que jamais cruciale », a jugé l’autorité.
M. Oboulbiga a salué les réformes récentes de l’ENAM. Il a estimé que la soutenance des rapports de stage du cycle B améliore la professionnalisation et la réflexion critique. Il a ajouté que le rapport de stage est un outil d’observation et d’évaluation pour l’administration.
« Au-delà de l’exercice académique, le rapport de stage constitue un véritable instrument d’observation, d’évaluation et parfois d’innovation administrative », a soutenu le secrétaire général.
Le directeur général de l’ENAM, Dr Yacob Yarabatioula, a expliqué les raisons de cette innovation. Il a remercié les acteurs impliqués. Il a indiqué qu’un atelier sera organisé après les soutenances pour évaluer le processus. L’objectif est de permettre à tous les élèves du cycle B de défendre leurs idées devant un jury.
« Nous envisageons, après cette série, et avant la fin de l’année, de nous retrouver en atelier avec les élèves et les autres acteurs, pour voir ce qui a marché, ce qui n’a pas marché et s’il y a lieu de poursuivre la dynamique, le faire dans de très bonnes conditions », a déclaré Dr Yarabatioula.
La cérémonie a inclus une soutenance inaugurale. Sayouba Belem, attaché administratif des collectivités territoriales, a été le premier candidat. Il a présenté un travail sur la fermeture temporaire du centre de traitement des déchets de l’arrondissement N°3 de Ouagadougou. Le jury, présidé par Laurentine Yougbaré, lui a attribué la note de 17 sur 20, soit la mention « très bien ».
La présidente du jury a jugé cette soutenance pertinente. Elle a estimé que l’exercice permet aux stagiaires d’acquérir des compétences pratiques et de défendre leurs écrits.
« Il est bon que pour des futurs cadres de l’administration, ils puissent savoir s’exprimer ; ce sont eux qui ont écrit le document, ils doivent savoir rendre le contenu, donner la substance de ce qu’ils ont eu à produire comme rapport », a mesuré Laurentine Yougbaré.
Sayouba Belem a confié que l’épreuve était difficile mais utile. Il a reçu son parchemin et a estimé que cette préparation est bénéfique pour son futur emploi.






