Le Secrétariat permanent des organisations non gouvernementales (SPONG) a organisé sa 51ᵉ assemblée générale ordinaire. La rencontre s’est tenue ce vendredi 26 juin 2026 à Ouagadougou. Le thème retenu était : « Le SPONG face aux mutations nationale et internationale : repenser le partenariat et impacter durablement la vie des communautés ».
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye Bassinga. Il représentait le ministre en charge de l’économie. Le parrain de l’événement était Naaba Sanem, chef de Ziniaré. Des organisations membres, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des autorités administratives et coutumières ont participé aux travaux.
Le président du conseil d’administration du SPONG, Abdoulaye Ouédraogo, a présenté le bilan des actions menées en 2025. Il a évoqué des résultats concrets sur le terrain. Parmi eux, la récupération et la vaccination de 25 000 enfants. Il a aussi mentionné la restauration de 39 000 hectares de terres dégradées. La formation et l’équipement de nombreux jeunes ont été réalisés. Dix organisations ont été auditées et certifiées. Trente et un projets liés au climat ont été analysés et validés. Huit textes d’application de la loi sur les plastiques ont été élaborés.
Malgré un contexte difficile, le SPONG a mobilisé 300 milliards de francs FCFA. Une partie de ces fonds a servi à financer des organisations membres via un mécanisme de financement en cascade. Selon Abdoulaye Ouédraogo, la contribution partielle des membres au développement dépasse aujourd’hui 100 milliards de FCFA. Il a appelé les membres à plus d’engagement. « L’heure n’est plus seulement au constat. L’heure est à l’engagement. Engageons-nous à être conformes, engageons-nous à être transparents, engageons-nous à être utiles. Faisons en sorte que, dès demain, chaque organisation soit en règle, chaque action soit suivie, chaque intervention fasse la différence. Car au fond la force du SPONG ne dépend pas de ses textes, elle dépend du comportement de ses membres. Alors passons à l’action maintenant, ensemble, avec responsabilité », a-t-il déclaré.
Le gouverneur Abdoulaye Bassinga a souligné l’importance des organisations de la société civile. « Vous êtes des acteurs incontournables du développement. Vous accompagnez les communautés dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’action humanitaire, de la sécurité alimentaire, de la gouvernance locale, de l’environnement ou encore de la promotion des droits humains. Votre contribution est reconnue. Cependant, le contexte actuel nous invite collectivement à faire évoluer nos modèles. Pendant longtemps, les organisations de la société civile ont principalement fondé leur fonctionnement sur les financements extérieurs. Cette situation a permis de nombreuses réalisations dont notre pays peut être fier. Mais chacun constate aujourd’hui que les ressources internationales deviennent plus rares, plus sélectives et davantage orientées vers d’autres priorités. Cette évolution impose une réflexion profonde sur les conditions de la résilience financière de nos organisations. L’autonomisation économique n’est donc plus une option, elle devient une nécessité stratégique. Il s’agit de renforcer progressivement la capacité des organisations à mobiliser des ressources nationales, à développer des partenariats avec le secteur privé, à encourager le mécénat, à mieux valoriser les contributions de la diaspora, à mutualiser certaines fonctions, mais aussi à promouvoir des activités économiques compatibles avec leurs missions sociales », a-t-il expliqué.
Le gouverneur a assuré que le ministre reste disposé à soutenir les initiatives pour un financement endogène. Il a appelé à construire une société civile plus forte, autonome et responsable. Le parrain Naaba Sanem a invité les organisations à travailler avec honnêteté et rigueur. Il a dénoncé les détournements de fonds destinés aux personnes vulnérables. « On a vu des gens prendre l’argent des projets pour se construire des maisons et faire des réalisations. Cela n’est pas digne d’un Burkinabè. Il ne faut pas prendre le nom d’un orphelin et d’une veuve pour aller chercher les financements pour son propre bien-être. Dieu n’aime pas ça. Je vous invite à travailler avec honnêteté, engagement et rigueur. À travers vos actions, vous contribuez à donner du sourire aux populations. Seuls Dieu et les mânes de nos ancêtres vous récompenseront », a-t-il affirmé. Il a plaidé pour un allègement des procédures afin de faciliter la conformité des ONG.






