Le Cercle d’études, de recherches et de formations islamiques (CERFI) a organisé ses conférences régionales le 3 mai 2026. Le thème retenu était « Islam et traditions ». La rencontre de Ouagadougou a réuni de nombreux participants. L’imam Marboulaye Nombré a animé la communication principale. Pendant trois heures, le conférencier et le modérateur ont captivé l’audience. Les participants ont posé des questions et fait des suggestions.
L’imam Nombré a rappelé que le Burkina a toujours été un pays multi-confessionnel. La tolérance et la fraternité y existaient avant la colonisation. Les populations partagent une identité ethnique, une langue et des traditions communes. « Personne n’a choisi de naître dans un pays ou dans un autre, dans une famille ou dans une ethnie ; ce sont des décisions de Dieu. Les hommes sont liés par le sang, donc condamnés à vivre ensemble. Dès lors, la tolérance n’est pas une option, c’est une obligation. »
Il a dénoncé les discours de stigmatisation sur les réseaux sociaux. Ces propos risquent de fragiliser la cohésion sociale. Selon lui, il faut comprendre l’islam et les traditions pour apprécier leurs rapports. Parler sans étude préalable n’est pas une bonne méthode. Le choix du thème répond à une idée répandue selon laquelle on ne peut être musulman et africain. L’imam a rejeté cette opposition.
Il a défini l’homme comme le représentant de Dieu sur terre. En islam, on ne doit se prosterner que devant Dieu. Les musulmans ne peuvent se soumettre aux esprits ou aux morts. « Dieu l’a élevé au rang de son représentant, et le représentant de Dieu ne doit se soumettre qu’à Dieu seul. » Il a précisé que l’islam reconnaît que les morts ne sont pas morts, mais ils sont dans un monde intermédiaire. Ils ne reviennent pas pour parler aux vivants. Les vivants doivent prier pour eux. Il est interdit de prendre les morts comme intermédiaires. « Quand vous faites appel au plus grand, c’est-à-dire Dieu, vous ne pouvez plus faire appel aux plus petits. »
L’imam a souligné l’attachement des musulmans burkinabè à leur identité culturelle. Ils gardent leurs noms de famille, leurs prénoms traditionnels et leur langue. L’islam n’efface pas ces éléments, sauf si les prénoms consacrent une personne à une divinité. « Si nous-mêmes, nous ne faisons pas un effort pour nous coller à notre tradition, il ne faut pas accuser l’islam. L’islam ne nous demande pas de devenir des Arabes. »
Il a lancé un appel au respect des liens familiaux et sociaux. « Faites attention, en Afrique, on ne prononce pas une mauvaise parole contre la maman de quelqu’un… » Cette phrase a marqué les esprits. Le conférencier a insisté sur la nécessité de préserver la paix et le vivre-ensemble.






