Burkina : formation des promoteurs immobiliers contre le blanchiment

L’Office national du contrôle des aménagements et des constructions (ONC-CA) a ouvert une session de formation à Ouagadougou. Cette formation dure cinq jours, jusqu’au 8 mai 2026. Elle concerne les acteurs du secteur non financier de la promotion immobilière. Les entreprises et bureaux d’études du bâtiment y participent aussi. L’objectif est de renforcer leurs compétences en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux. Le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive sont également abordés.

Souako Kohoun, représentant du ministre de la Construction de la patrie, a ouvert les travaux. Il a rappelé que le secteur de la promotion immobilière est vulnérable. Les évaluations nationales des risques l’ont identifié comme l’un des plus exposés au blanchiment de capitaux. Il a cité la loi Nᵒ/ALT du 30 décembre 2024. Cette loi impose des obligations de vigilance accrues à tous les secteurs assujettis, y compris l’immobilier.

« C’est pourquoi la loi Nᵒ/ALT du 30 décembre 2024 impose des obligations de vigilance accrues qui s’appliquent tant à tous les autres secteurs assujettis qu’à celui de l’immobilier », explique-t-il.

Nadège Guinko/Hien, directrice des affaires juridiques et du contentieux et directrice générale par intérim de l’ONC-CA, a précisé le contenu de la formation. Les participants apprendront à élaborer des documents fondamentaux de lutte contre le blanchiment. Ils sauront comment identifier correctement un client. Ils pourront détecter un éventuel délinquant financier cherchant à blanchir des capitaux.

« Ils vont apprendre comment est-ce qu’on fait pour connaître le client qui vient vers la société ou le cabinet. Comment est-ce qu’on fait pour l’identifier correctement, pour savoir si nous ne sommes pas en face d’un délinquant financier qui vient pour blanchir des capitaux », précise-t-elle.

La formation comprend aussi une phase pratique. Madi Prosper Tapsoba, chef du département des affaires juridiques et institutionnelles de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), assure la formation. Il a expliqué que les participants devront évaluer leurs propres risques. Ils élaboreront des politiques et procédures internes. Ils apprendront à déclarer les soupçons à la CENTIF.

« À l’issue de cette formation, nous attendons des assujettis qu’ils puissent, une fois de retour dans leurs entreprises respectives, évaluer leurs propres risques, élaborer des politiques à l’interne pour pouvoir mettre en œuvre les différentes obligations qui sont les leurs et déclarer les soupçons à la CENTIF pour que, in fine, elle puisse traiter ces éléments de soupçons-là, pour les analyser et effectivement, si, après constat, les soupçons sont avérés, transmettre ces éléments de rapport à l’autorité compétente », a fait savoir Madi Prosper Tapsoba.

Les organisateurs espèrent ainsi protéger l’économie nationale contre l’injection de capitaux d’origine criminelle. La formation se veut pratique et adaptée aux besoins du secteur.

Précédent

Mali : opérations conjointes des FAMa et d'Africa Corps contre des groupes armés

Suivant

Burkina : 357 millions FCFA de créances publiques recouvrés