Le Burkina Faso se prépare à encadrer la teneur en plomb des peintures commercialisées. Un atelier de validation du projet de décret se tient les 25 et 26 juin 2026 à Ziniaré. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Joël Artur Kiendrebéogo. Étaient présents le directeur général de l’ANSSEAT, Pr Elie Kabré, et le secrétaire général de la Ligue des consommateurs, Ousseini Ouédraogo.
Le plomb est considéré par l’OMS comme un contaminant dangereux pour la santé humaine. Il peut entraîner des troubles neurologiques, cognitifs et comportementaux, surtout chez les enfants. Des études au Burkina Faso ont montré des concentrations élevées de plomb dans certaines peintures. Ces niveaux dépassent largement les normes sanitaires recommandées par l’OMS.
Dr Kiendrebéogo a rappelé l’urgence d’agir face à cette menace. Il a cité une estimation : près de 9 millions d’enfants burkinabè sont exposés à ce risque. Les conséquences sur leur développement physique et intellectuel peuvent être graves. Le ministère de la Santé, via l’ANSSEAT et avec l’appui du Lead Exposure Elimination Project (LEEP), a engagé un processus pour réduire cette exposition.
« On estime que près de 9 millions d’enfants au Burkina Faso sont exposés à ce risque », Dr Joël Arthur Kiendrebéogo
Plusieurs concertations et actions de sensibilisation ont eu lieu. Elles ont abouti à l’élaboration d’un projet de décret. Ce texte vise à doter le pays d’une réglementation sur le plomb dans les peintures. Il doit renforcer la protection sanitaire des consommateurs.
« Notre première étude préliminaire a révélé que certaines peintures contenaient des concentrations de plomb dépassant de plus de 200 fois la norme recommandée. », Pr Elie Kabré
Le texte a déjà été validé une première fois en juin 2025 par les parties prenantes. Il doit être actualisé pour tenir compte des récentes évolutions institutionnelles. Selon Dr Kiendrebéogo, cette mise à jour assure la cohérence du décret avec la nouvelle structuration gouvernementale.
Pendant deux jours, les participants examineront et mettront à jour le projet. Ils valideront sa version actualisée et formuleront des recommandations pour accélérer son adoption et sa mise en œuvre.
Le texte prévoit un système de marquage sur les emballages des peintures. Stanislas Dimitri Meda, directeur de toxicologie, santé et sécurité au travail, a précisé cette mesure. Elle permettra aux consommateurs d’identifier les produits conformes aux normes sanitaires.
« Cette réglementation prévoit la mise en place d’un système de marquage sur les emballages des peintures commercialisées sur le marché national », Stanislas Dimitri Meda
Dr Kiendrebéogo a invité les participants à faire preuve d’engagement actif. Il a insisté sur la nécessité d’un travail concerté pour aboutir à un consensus. L’adoption de cette réglementation contribuera à la protection des populations et à la préservation de l’environnement. Les autorités espèrent disposer d’un projet de décret consensuel, prêt pour le processus d’adoption officielle.






