Le Burkina Faso a mis en place un fonds souverain minier d’investissements. L’objectif est de transformer les revenus exceptionnels de l’or en projets industriels et en infrastructures stratégiques. Les autorités entendent faire de cette rente minière un outil durable de souveraineté économique et financière.
Le gouvernement a adopté un décret lors du Conseil des ministres du 21 mai. Ce texte crée le Fonds souverain minier d’investissements du Burkina Faso (FSMIB), baptisé « Siniyan-Sigui ». Cette décision intervient dans un contexte de hausse spectaculaire du cours de l’or. Cette conjoncture a généré d’importants revenus miniers excédentaires pour l’État.
La décision vise une « capitalisation structurée permettant de transformer une rente conjoncturelle en un levier de développement durable », indique un communiqué de la présidence du Faso. La même source souligne la nécessité de mettre en place un fonds souverain adossé au secteur minier. Ce secteur occupe une place stratégique dans l’économie du pays.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a expliqué que le décret « permet d’avoir un fonds souverain minier alimenté par le supplément de ressources dégagées au niveau de l’activité minière en tenant compte d’un niveau des cours des minerais de référence ». Il a ajouté que l’excédent réalisé serait reversé dans ce nouveau fonds souverain.
Aboubakar Nacanabo a précisé que « le fonds souverain minier est institué sous la forme d’un compte d’affectation spéciale ». Ce mécanisme permet de financer de manière autonome des projets industriels et des infrastructures stratégiques dans le pays. Il a indiqué que les premiers travaux devraient voir le jour à partir de 2027. Le communiqué de la présidence évoque également l’objectif de renforcer la souveraineté financière du Burkina Faso et d’améliorer la note souveraine du pays.
Avec une quinzaine de mines industrielles et 16 mines semi-mécanisées en production, ainsi qu’environ 240 permis de recherche actifs, la production d’or du Burkina Faso est passée de 60,771 tonnes en 2024 à plus de 94 tonnes en 2025, selon les chiffres du ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières. Les recettes issues de l’extraction et de l’exportation d’or augmentent également de manière continue depuis 2019. Les revenus du secteur sont passés de près de 570 milliards de FCFA (près de 980 millions de dollars) en 2024 à plus de 776 milliards de FCFA (près de 1,34 milliard de dollars) au 31 décembre 2025. Le métal jaune constitue la principale exportation du Burkina Faso, représentant à lui seul 82,3 % de la valeur totale des exportations du pays en 2024. Cela place le Burkina parmi les principaux producteurs et exportateurs d’or du continent africain.






