Burkina Faso : colloque sur les violences liées aux accusations de sorcellerie

L’Institut des sciences des sociétés (INSS) à Ouagadougou organise un colloque international les 22 et 23 mai 2026. Ce rendez-vous scientifique aborde les violences, les exclusions et les vulnérabilités découlant des accusations de sorcellerie. La Commission nationale pour l’UNESCO, l’université Joseph-Ki-Zerbo et l’INSS ont uni leurs forces pour cette rencontre.

Des chercheurs, des experts, des autorités coutumières, religieuses et administratives y participent. Le programme prévoit plus de 60 communications, trois tables rondes, des témoignages et une projection de film. L’objectif est de comprendre les causes du phénomène et de proposer des réponses adaptées.

Vincent Sedogo, président du comité d’organisation, a déclaré : « Notre ambition commune est de contribuer, par la recherche scientifique et le dialogue interdisciplinaire, à une meilleure compréhension de ces phénomènes complexes afin d’éclairer les politiques publiques et les réponses sociales adaptées. » Il a également souligné la nécessité d’interpeller les communautés nationales et internationales sur l’ampleur des accusations.

Le Dr Didier Zida, représentant du délégué général du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), a présidé la cérémonie d’ouverture. Il a salué la collaboration entre les trois structures organisatrices. Vincent Sedogo a félicité les membres des commissions techniques et scientifiques pour leur engagement.

Selon le président du comité d’organisation, ce colloque produira des connaissances scientifiques sur les violences sociétales. Il contribuera aussi à l’élaboration de réformes sociales, culturelles et institutionnelles adaptées aux réalités africaines. Il a précisé : « Les communications permettront d’accorder une attention particulière aux stéréotypes de genre ainsi qu’aux catégories de femmes accusées. Une approche comparative interrégionale permettra d’appréhender la diversité des pratiques et des perceptions tout en révélant les logiques communes dans la construction sociale des accusations. »

Le colloque s’aligne sur les objectifs du programme de gestion des transformations sociales de la Commission nationale pour l’UNESCO. Ce programme encourage le rapprochement entre la recherche scientifique, les politiques publiques et les besoins des sociétés.

Aoua Carole Bambara, directrice de l’INSS, a indiqué que ce rendez-vous vise à partager les résultats des recherches de terrain. Il s’agit aussi de réfléchir à une meilleure articulation entre tradition et modernité pour trouver des solutions durables. Elle a déploré que ces accusations causent de graves préjudices aux familles, notamment aux veuves et aux orphelins. Elle a ajouté : « Nous sommes réunis pour réfléchir ensemble aux propositions susceptibles d’accompagner les autorités. Au niveau national, “Faso Bu Kaoré” constitue à la fois une instance de jugement et de médiation permettant aux populations affectées de résoudre certains conflits sans nécessairement recourir à la justice moderne. Certains mécanismes de médiation familiale ou communautaire contribuent ainsi à préserver la cohésion sociale avant toute saisine des juridictions. »

Les communications se déroulent en présentiel et en ligne. Les participants viennent de la sous-région et d’autres continents.

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