Burkina : colloque sur les territoires à l’université Joseph Ki-Zerbo

Le département de géographie de l’université Joseph Ki-Zerbo a ouvert un colloque international le jeudi 21 mai 2026. La rencontre se déroule jusqu’au 23 mai. Son thème est : « Territoires transformés, territoires modelés ou reconstruits : le territoire comme objet d’étude du géographe ». Des chercheurs, enseignants et étudiants de plusieurs pays africains y participent. Ils examinent les enjeux de gestion et d’évolution des territoires.

Le colloque est organisé avec le Laboratoire dynamique des espaces et des sociétés (LDES) et le Laboratoire d’études et de recherche sur les milieux et les territoires (LERMIT). Des experts, enseignants-chercheurs, doctorants et étudiants se réunissent pendant trois jours. Ils réfléchissent aux mutations territoriales et aux défis de gestion des espaces en Afrique.

La cérémonie d’ouverture a rassemblé des délégations de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Togo, du Congo, de la Guinée, de la Gambie, du Mali, du Niger et de la Tunisie. Emmanuel Ouédraogo, président du comité d’organisation, a salué cette mobilisation. Il y voit le signe d’une importance croissante des questions territoriales en Afrique.

« Dans un monde en perpétuelle mutation, il est primordial que le géographe, homme de science qui traite, gère et anticipe sur les questions de l’espace, puisse dire son mot », a-t-il déclaré.

Selon lui, les territoires subissent des transformations permanentes. Ces changements viennent des dynamiques humaines et naturelles. Ils imposent de nouvelles réflexions scientifiques pour anticiper les crises et améliorer les conditions de vie.

Les communications et panels s’articulent autour de quatre axes. Le premier axe concerne la transformation des territoires sous l’effet des dynamiques humaines et naturelles. Le deuxième porte sur l’aménagement et le développement durable. Le troisième traite de la résilience face aux catastrophes et aux crises. Le quatrième aborde la gouvernance territoriale et les enjeux de pouvoir.

« Pendant ces trois jours, nous allons discuter science à travers des approches et des méthodes. Nous allons partager les résultats de nos recherches et proposer des pistes de solutions qui pourraient servir aux autorités dans l’amélioration des conditions de vie des populations », a expliqué Emmanuel Ouédraogo.

Le président du comité a précisé que cette rencontre est le fruit d’un travail entamé en juillet 2025. Plusieurs enseignants-chercheurs et partenaires institutionnels y ont contribué.

Durant les 72 heures de travaux, les participants assisteront à une leçon inaugurale, des ateliers scientifiques et des panels. Des acteurs publics et privés seront présents. Des rencontres B2B permettront le réseautage entre chercheurs. Plus de 120 communications scientifiques sont programmées. Cette diversité doit permettre d’aborder les problématiques territoriales sous plusieurs angles. Les organisateurs espèrent faire émerger des solutions adaptées aux réalités africaines.

Le Pr Balé Bayala, vice-président chargé des enseignements, des innovations pédagogiques et de la professionnalisation, représentait le président de l’université. Il a insisté sur le rôle des colloques dans la dynamique universitaire.

« Les activités scientifiques, et en particulier les colloques, sont bien plus que de simples rencontres académiques. Ce sont des catalyseurs de savoirs, des espaces de dialogue et des médias d’innovation pédagogique », a-t-il affirmé.

Il a rappelé que les crises climatiques, environnementales ou sécuritaires placent les territoires au centre des préoccupations.

« Nous assistons à la multiplication des crises, qu’elles soient naturelles comme les inondations, la désertification ou les changements climatiques, ou anthropiques avec les conflits, l’urbanisation chaotique et les pressions sur les ressources », a-t-il souligné.

Pour lui, le territoire est aujourd’hui « un miroir des dynamiques sociales, économiques et environnementales » et « un laboratoire où se testent des solutions nouvelles ». Il a invité les étudiants et jeunes chercheurs à tirer profit de cette rencontre pour renforcer leurs capacités.

Le Pr Balé Bayala a noté que les problématiques territoriales varient selon les contextes géographiques.

« Les pays côtiers n’ont pas forcément les mêmes préoccupations que les pays sahéliens. Certains font face à l’avancée de la mer, tandis que dans le Sahel, nous sommes confrontés à la désertification », a-t-il expliqué.

Il estime que les échanges entre chercheurs permettront de partager des méthodes et des expériences. Le département de géographie de l’université Joseph Ki-Zerbo veut ainsi renforcer la coopération scientifique africaine et améliorer la compréhension des transformations territoriales.

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