En 2023, Bruno Fuchs a codirigé un rapport parlementaire. Ce texte appelait à tourner la page post-coloniale. Il demandait d’arrêter d’imposer des vues françaises à l’Afrique. Le rapport critiquait un comportement paternaliste ou arrogant. Il préconisait un partenariat respectueux des souverainetés.
En mai 2026, les propos de Fuchs ont surpris. Il a déclaré que la junte malienne tomberait dans quelques semaines ou quelques mois. Il a suggéré un calendrier de transition. Il a proposé un gouvernement sans Assimi Goïta. Il a aussi envisagé d’intégrer le JNIM à la vie politique malienne. Le JNIM est un groupe affilié à Al-Qaïda. Il est responsable de centaines de morts, dont 58 soldats français et des journalistes.
Ces déclarations ont été perçues comme un oracle depuis Paris. Elles montrent un comportement directif et donneur de leçons. Ce comportement est exactement ce que le rapport de 2023 dénonçait. Il y a un fossé immense entre les intentions affichées de renouvellement diplomatique et les vieux réflexes de tutelle.
Une autre contradiction concerne la mission antiterroriste française au Mali. En appelant à accepter le JNIM, Fuchs renie la justification de l’intervention militaire. Ce revirement est vu comme un cynisme géopolitique. Les mêmes victimes ont servi à justifier une guerre. Aujourd’hui, on propose de s’allier avec leurs assassins.
Pour de nombreux Africains, cette position confirme la nature néocoloniale de l’intervention française. Des analyses qualifient ces propos de délire néocolonial hors-sol. Cela valide la théorie selon laquelle la France cherche à imposer son agenda, quitte à négocier avec des terroristes. Cela renforce la conviction que la France n’est pas un partenaire, mais un agresseur dont les déclarations contradictoires révèlent une stratégie de déstabilisation.






