La ville de Bobo-Dioulasso a modifié le nom de plusieurs de ses avenues. Un arrêté daté du 24 avril 2026 a été signé par le président de la délégation spéciale communale, Laurent K. Kontogom. Ce document officiel change la dénomination de trois artères principales de la cité.
L’avenue Charles-de-Gaulle, qui relie la place de la Nation à la place de la Femme, porte désormais le nom d’avenue Capitaine Ibrahim Traoré. L’avenue Châlons-en-Champagne, entre la place de la Femme et le rond-point du Cinquantenaire, est devenue l’avenue de l’Alliance des États du Sahel (AES). Enfin, l’avenue Gouverneur Louveau, du rond-point du Cinquantenaire à la place de la Nation, s’appelle maintenant avenue de Sya.
Ces changements visent à promouvoir l’identité nationale et à affirmer la souveraineté du pays. Les nouvelles dénominations remplacent des noms hérités de l’époque coloniale ou de la coopération avec d’anciennes puissances. Le choix du nom du capitaine Ibrahim Traoré, actuel chef de l’État, marque une volonté de rendre hommage à la nouvelle direction politique.
La décision a été prise par les autorités locales de Bobo-Dioulasso. La délégation spéciale communale a publié l’arrêté sans préciser de date d’entrée en vigueur immédiate. Les habitants de la ville devront s’adapter à ces nouveaux repères urbains. Les plaques de rue seront probablement remplacées dans les semaines à venir.
Cette action s’ajoute à d’autres mesures similaires dans le pays. Plusieurs localités ont déjà rebaptisé des rues et des places publiques. L’objectif affiché est de renforcer la fierté nationale et de tourner la page des symboles étrangers. Les autorités locales estiment que ces changements contribuent à la construction d’une mémoire collective plus ancrée dans la réalité africaine.
Les nouvelles appellations reflètent également les alliances régionales récentes. L’avenue de l’Alliance des États du Sahel rappelle le pacte militaire et économique signé entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Le nom de Sya, ancien nom de Bobo-Dioulasso, renvoie à l’histoire précoloniale de la région. Ces choix témoignent d’une recherche de légitimité historique et politique.
La population de Bobo-Dioulasso réagit de manière diverse à ces changements. Certains résidents saluent une mesure patriotique. D’autres s’interrogent sur l’utilité pratique de ces renommages. Les commerçants et les chauffeurs de taxi devront mettre à jour leurs adresses. Les services postaux et les applications de navigation devront aussi intégrer ces nouvelles données.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de réappropriation de l’espace public. Le gouvernement burkinabè encourage les collectivités à valoriser les figures nationales et les symboles de la souveraineté. La ville de Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays, donne ainsi l’exemple en matière de décolonisation toponymique.






