Bobo-Dioulasso : produire du fourrage face à la pénurie de pâturages

Les terres de pâturage se réduisent autour de Bobo-Dioulasso. La pression foncière, les changements climatiques et la dégradation des sols expliquent cette situation. Des éleveurs cherchent des solutions. La production de fourrage apparaît comme une option.

À la périphérie de la ville, les anciens espaces herbeux disparaissent. Des maisons, des champs et des infrastructures les remplacent. Pendant la saison sèche, les animaux parcourent de longues distances. Ils cherchent de l’herbe sans toujours en trouver.

Traoré Mamadou est le directeur provincial de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques du Houet. Il observe une pénurie préoccupante. Plusieurs causes sont identifiées. Les activités humaines, le changement climatique et l’expansion immobilière réduisent les parcours du bétail.

« Cette situation est liée à plusieurs facteurs, notamment les activités humaines, les effets du changement climatique et l’expansion des sociétés immobilières qui réduisent progressivement les espaces de parcours du bétail », explique-t-il.

Le contexte sécuritaire aggrave les difficultés. L’accès à certaines zones pastorales devient limité. Les élevages se concentrent autour des grands centres urbains. Les zones périurbaines subissent la plus forte pression.

La croissance démographique et l’urbanisation rapide accentuent le problème. Les terres disponibles se réduisent. Les espaces pour l’alimentation du bétail diminuent fortement.

Adama Yanogo est éleveur à la périphérie de Bobo-Dioulasso. Il constate la raréfaction des pâturages naturels. Les difficultés deviennent visibles pendant la saison sèche.

« Aujourd’hui, les animaux ne trouvent plus suffisamment d’herbe. Nous sommes souvent obligés d’acheter des aliments complémentaires », confie-t-il.

Le manque de pâturages entraîne des conséquences. Les animaux maigrissent. La production laitière baisse. Les dépenses pour l’alimentation du troupeau augmentent.

Dr Souleymane Ouédraogo est maître de recherche à l’INERA Farako-Bâ. Il explique qu’une alimentation insuffisante affecte la santé et la productivité des animaux.

« Une alimentation insuffisante entraîne une baisse de production de lait, un ralentissement de croissance et une fragilisation des animaux », indique-t-il.

Plusieurs facteurs se combinent. La croissance démographique accroît les besoins en terres agricoles. Les superficies cultivées s’étendent au détriment des espaces pastoraux. La mécanisation agricole et l’aménagement des bas-fonds réduisent aussi les zones de pâture. Pendant la saison des pluies, les cultures occupent une grande partie des terres.

Face à cette situation, certains éleveurs développent la production de fourrage. Longtemps peu pratiquée, cette activité gagne du terrain. Plusieurs espèces fourragères s’adaptent au climat local. Dr Ouédraogo cite l’Andropogon gayanus, autrefois abondant dans les savanes. D’autres espèces du genre Andropogon sont aussi adaptées. Des espèces introduites comme le Brachiaria, le Panicum et le Maralfalfa donnent de bons résultats avec une gestion adéquate.

Le pâturage naturel offre une alimentation diversifiée. La culture fourragère produit de grandes quantités de fourrage homogène et de qualité régulière.

« Cette homogénéité facilite l’alimentation des animaux en élevage intensif et favorise une croissance plus uniforme du troupeau », souligne-t-il.

Les producteurs peuvent associer des légumineuses riches en protéines à des graminées riches en énergie. Cela améliore la qualité nutritionnelle de l’alimentation animale.

Dans le village de Darsalamy, à 20 km de Bobo-Dioulasso, la ferme de Ousseini Traoré montre l’exemple. Des bottes de fourrage sont conservées sous un hangar. Plusieurs parcelles sont consacrées à la culture fourragère.

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