Bobo-Dioulasso: le Havre du Bon Pasteur accueille des jeunes filles brisées

À Bobo-Dioulasso, un centre porte le nom de Havre du Bon Pasteur. Il accueille des jeunes filles et des femmes victimes de violences. Violées, rejetées par leur famille, forcées au mariage, elles arrivent avec des blessures profondes. Ce lieu est géré par les Sœurs de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur.

Aïda est l’une d’elles. Elle a subi un viol collectif après son baccalauréat. Elle est tombée enceinte. Elle ne connaît pas les agresseurs. Elle ne pouvait compter que sur sa mère. Sa mère vivait des difficultés financières. Les services de l’Action humanitaire l’ont dirigée vers le centre.

Aïda explique :

L’année dernière, après avoir obtenu mon baccalauréat, j’ai été violée. Après le viol, j’ai remarqué que j’étais enceinte.

Elle décrit la nuit du drame :

C’était une nuit où il pleuvait. Je suis sortie chercher de la soupe. Je les ai vus sur la voie. Ils étaient quatre et ils m’ont violé. Je ne connais pas ceux qui m’ont violée.

Au centre, elle a trouvé un soutien. Les religieuses et les éducatrices l’ont aidée. Elle déclare :

Quand j’étais chez ma maman, je me posais beaucoup de questions. Je pensais que c’était moi qui avais tous les problèmes du monde. En arrivant ici, avec les autres filles, on discute, on s’amuse. J’ai oublié certains soucis, même si c’est difficile.

Elle poursuit ses études. Son rêve est de devenir ingénieure en électronique. Le centre l’accompagne dans ce projet.

Le Havre du Bon Pasteur a été créé en février 2012. Sœur Yvonne Clémence Bambara en est la responsable. Elle précise :

Notre mission est de venir en aide aux personnes en difficulté, particulièrement aux filles et aux femmes. Nous accueillons des mineures victimes de violences, des jeunes filles enceintes, des femmes rejetées par leurs proches ou encore des filles qui fuient des mariages forcés.

Les pensionnaires viennent de divers horizons. Certaines restent quelques semaines. D’autres y vivent jusqu’à trois ans. La durée dépend de leur situation. Le centre offre un accompagnement global. Un psychologue intervient régulièrement. Des soins médicaux sont assurés avec des partenaires comme Médecins Sans Frontières. Un soutien spirituel est aussi proposé.

Sœur Christine Oubda travaille quotidiennement avec les filles. Elle ajoute :

Notre mission consiste à aider les femmes et les filles en difficulté afin qu’elles retrouvent leur dignité. C’est ce qui m’a poussée à rejoindre cette congrégation.

Chaque jeune fille reconstruit ainsi sa vie. Le centre leur redonne une place dans la société.

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