Blaise Diagne, premier député africain à l’Assemblée française

Blaise Diagne, né au Sénégal, est souvent cité comme le premier député d’origine africaine à l’Assemblée nationale française. Son élection a marqué une étape dans l’histoire coloniale. En 1930, le gouvernement français l’a choisi pour une mission délicate.

La Grande-Bretagne accusait alors la France de recourir au travail forcé dans ses colonies africaines. Blaise Diagne a été envoyé à Genève pour défendre la position française devant le Bureau international du travail. Il a nié ces accusations avec vigueur.

Pourtant, les faits étaient différents. Plus de trois millions d’hommes d’Afrique occidentale francophone subissaient chaque année des travaux forcés. Un exemple tragique est la construction du chemin de fer Congo-Océan. Ce chantier a causé des milliers de morts.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 1925, 1 300 personnes sont mortes. En 1926, le nombre est monté à 2 500. En 1927, 2 900 décès ont été enregistrés. L’année 1928 a vu 3 000 morts supplémentaires. De 1929 à 1930, environ 20 000 travailleurs ont péri.

Tous ces hommes et femmes venaient de différentes régions. Ils étaient originaires du Tchad, de Haute-Volta, du Niger, du Mali et du Cameroun. Des militaires français et des contremaîtres les ont amenés de force. Beaucoup ont trouvé la mort sur ce chantier.

Blaise Diagne reste une figure complexe. Son rôle de défenseur du travail forcé contraste avec son statut de pionnier politique. Il a été le premier député noir à siéger au Palais Bourbon. Son héritage suscite encore des débats.

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