Aziz Mebarek est un pionnier du private equity africain. Il a cofondé AfricInvest en 1994 à Tunis. Le groupe gère aujourd’hui 22 fonds. Ses actifs dépassent 2 milliards de dollars. Il a réalisé 170 investissements dans 25 pays.
Mebarek a aussi cofondé l’African Private Equity and Venture Capital Association (AVCA). Sa conférence annuelle a eu lieu à Nairobi fin avril 2026. En marge d’Africa Forward, il a donné son analyse à l’Agence Ecofin.
Trente ans après la création de l’industrie, les capitaux privés déployés en Afrique atteignent 5 milliards de dollars. En Europe et au Royaume-Uni, ce montant est de 125 milliards de dollars. La population africaine est pourtant plus de deux fois supérieure. L’écart montre l’ampleur de l’effort à fournir.
Le marché a progressé. Les équipes de qualité se sont constituées partout sur le continent. Mais la maturité n’est pas atteinte. La dépendance envers les investisseurs historiques reste forte. Pour Mebarek, le véritable élan viendra quand plus de 50 % des capitaux levés proviendront de l’épargne africaine. Cela prendra plusieurs années, voire plusieurs décennies.
Notre élan sera pris quand plus de 50 % des capitaux levés viendront de l’épargne africaine.
Les ressources mobilisables sur le continent sont estimées à plus de 4000 milliards de dollars. Pour les déployer, plusieurs leviers existent. L’information est primordiale. Les événements comme Africa Forward permettent aux investisseurs institutionnels de découvrir cette classe d’actifs. Le track record des professionnels est aussi essentiel. Les institutionnels ont besoin de voir un retour sur investissement et une préservation du capital.
La liquidité sur le marché doit augmenter. Cette classe d’actifs doit être intégrée dans les stratégies de diversification des investisseurs institutionnels africains. Enfin, chaque pays et chaque région doivent regarder ce qu’ils peuvent faire chez eux. Créer des emplois, monter des activités durables, rendre accessibles des produits et des services. Mebarek appelle cela le social yield, la rentabilité sociale des investissements.
AfricInvest a développé une méthodologie pour monétiser ce rendement social. Pour chaque dollar investi, le revenu social atteint 10, 15, 20 dollars. Dans certains cas, il peut atteindre 80 dollars. Les institutions sérieuses ne peuvent pas ignorer cette donnée. Au-delà du rendement financier, le rendement social est important. La responsabilité collective est de créer 2 millions d’emplois par mois, soit 25 millions par an.
Pour chaque dollar investi, le revenu social atteint 10, 15, 20 dollars. Dans certains cas, jusqu’à 80.
Les fonds de dette sont un complément. Ils financent les PME, en CAPEX ou en working capital. Ils apportent un financement avec une valeur ajoutée institutionnelle proche du mindset d’un fonds de private equity. La montée en puissance de la dette privée est structurelle. Tous les outils de financement doivent être mobilisés à tous les stades de maturité des entreprises. Les banques restent essentielles. Les fonds de private equity apportent des fonds propres, de l’institutionnalisation et de la gouvernance. Les fonds de venture capital sont essentiels pour les idées technologiques qui transforment l’Afrique.






