Le journaliste Wassim Nasr, spécialiste du djihadisme au Sahel, a analysé l’offensive rebelle au Mali. Il travaille pour France 24 et mène des recherches sur le terrain. Dans un entretien récent, il a décrit le déroulement de cette action militaire.
Selon lui, l’attaque visait plusieurs sites à travers le pays. Des bases militaires, des villes et même les abords de Bamako ont été touchés. Les combats se sont étendus du nord au centre du Mali. La capitale a également subi des incursions.
Wassim Nasr distingue deux types d’opérations. Dans le nord, la coalition rebelle du CSP et le groupe JNIM ont agi ensemble. En revanche, à Bamako et à Kati, seule l’organisation JNIM a mené les assauts. Kati abrite le quartier général de la junte militaire.
Les images diffusées montrent des djihadistes à moto, lourdement équipés. Ils circulaient dans les faubourgs de la capitale. L’analyste précise que cette attaque n’est pas une surprise. Elle a été préparée pendant plusieurs mois.
Des accords entre rebelles et djihadistes ont facilité la planification. Des discussions politiques avec des opposants à la junte ont aussi eu lieu. Cependant, on ignore encore si ces négociations porteront leurs fruits. Il est trop tôt pour prédire une chute du régime.
La coordination entre les groupes est inédite. À Kidal, les combattants des deux camps agissent sans distinction. Wassim Nasr cite ses sources :
« À Kidal, il n’y a pas de différence entre nos combattants (JNIM) et les combattants rebelles. Nous menons ce combat ensemble. »
Un échange de ressources a lieu entre les deux entités. Cela inclut des armes, des mortiers et des experts en explosifs. Cette coopération dépasse le simple accord écrit. Elle se concrétise sur le terrain.
Pour le centre du Mali, les informations restent floues. On ne sait pas si les rebelles et le JNIM y attaquent séparément. Mais l’ampleur de l’offensive indique une préparation minutieuse. L’avenir politique du pays demeure incertain.






