Le 27 mai 2026, des millions de fidèles ont célébré l’Aïd al-Adha sur le continent africain. La fête religieuse a conservé son importance spirituelle et familiale. Cependant, elle s’est déroulée dans un climat de difficultés économiques et de tensions sécuritaires. Au Maroc, le roi Mohammed VI a prié à la mosquée Ahl Fès à Rabat. Le prêche a insisté sur le sacrifice, la générosité et la solidarité. En Algérie, le président Abdelmadjid Tebboune a adressé un message de vœux à la nation. Il a mis l’accent sur la cohésion nationale face aux défis actuels. Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a rendu hommage aux forces combattantes. Il a appelé à une union sacrée contre les groupes armés terroristes. Le chef de l’État a rappelé que l’Aïd el-Kébir incarne le partage et l’engagement communautaire.
La flambée des prix du mouton a marqué la fête dans plusieurs régions. Les difficultés de transport, les pénuries et l’insécurité ont perturbé les marchés. En Côte d’Ivoire, l’approvisionnement en bétail en provenance du Burkina Faso et du Mali a été ralenti. Des commerçants ont signalé des centaines de têtes bloquées aux frontières. Les prix ont grimpé de 200 000 à 500 000 francs CFA, selon la taille des animaux. Au Nigeria, les moutons ont augmenté d’environ 30 % en un an sur le marché de Lagos. Les commerçants pointent la hausse du transport et l’insécurité dans le nord. Les attaques de Boko Haram et de l’État islamique perturbent les circuits commerciaux. Pour certains acheteurs, l’achat du mouton est devenu impossible.
En Tunisie, la colère des ménages est forte. Certains moutons dépassent 2 500 dinars, alors que le salaire médian est de 1 000 dinars. L’inflation, la sécheresse et la spéculation pèsent sur les familles. Beaucoup s’endettent pour maintenir la tradition. Au Mali, le blocus imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans a ralenti l’entrée des marchandises à Bamako. Des dizaines de camions ont été incendiés. Les moutons sont moins nombreux sur les marchés et les prix ont fortement augmenté. Les pénuries de carburant et les coupures d’électricité compliquent les préparatifs. La crise malienne affecte aussi le Sénégal. Des commerçants sénégalais ne peuvent plus acheter de bétail au Mali à cause de l’insécurité. Cette baisse de l’approvisionnement entraîne une nouvelle hausse des prix. De nombreuses familles craignent de ne pas pouvoir acheter de mouton pour la Tabaski.
L’Aïd al-Adha 2026 a donc conservé sa portée spirituelle et populaire. Mais cette édition a surtout révélé la pression de l’insécurité, de l’inflation et des difficultés d’approvisionnement sur les familles africaines. Celles-ci tentent malgré tout de préserver le sens de la fête.






