À Pâ, des écolières demandent des serviettes hygiéniques à l’école

Une campagne de communication sur la scolarisation des filles s’est achevée le 23 avril à Pâ, dans la région de Bankui. Organisée par le projet SWEDD+, elle a réuni des élèves du lycée départemental. La gestion des menstrues a été discutée comme cause de décrochage scolaire.

Carine Dabiré a pris la parole au nom de 378 filles. Elle a expliqué que les règles provoquent chaque mois une angoisse. Les élèves réclament des points d’eau près des latrines, des toilettes sécurisées avec verrous, un stock d’urgence de serviettes hygiéniques à l’infirmerie et du matériel pour fabriquer des protections réutilisables.

« Investir dans l’hygiène menstruelle ne relève pas du seul domaine de la santé. C’est investir dans l’éducation et dans l’avenir des filles. Nous voulons rester en classe, apprendre et réussir pour faire la fierté de Pâ. »

La proviseure Honorine Ilboudo a confirmé que des élèves quittent l’école en journée faute d’installations adaptées. L’établissement achète quelques serviettes sur ses propres fonds. Six abandons scolaires ont été enregistrés cette année, dus aux grossesses, aux mariages précoces et à l’influence d’hommes de la zone.

Le projet SWEDD+ fédère les ministères de la Santé, de l’Enseignement secondaire, de la Famille et de la Solidarité, ainsi que des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi. Sylvie Valian Zoundi, conseillère d’éducation féminine, a insisté sur l’action en faveur des filles non scolarisées ou ayant décroché. Son ministère organise des formations pour donner accès à des activités génératrices de revenus. Des haltes-garderies permettent aux mères de travailler.

Marie Véronique Ilboudo, conseillère en promotion du genre, a décrit une prise en charge des violences basées sur le genre. Elle couvre les dimensions sanitaire, psychologique, juridique et économique. Des mécanismes de collecte de données sont renforcés.

Héma Fatoumata, conseillère de jeunesse, a présenté un sous-projet pour les apprenantes des centres de formation professionnelle. Ces filles reçoivent des modules sur l’estime de soi, la prise de décision, la résistance aux pressions sociales et la gestion de micro-entreprises.

Le président de la délégation spéciale communale a appelé les leaders locaux à s’engager pour le maintien des filles à l’école. Il a utilisé une métaphore agricole : un champ non cultivé ne produit que des mauvaises herbes. Les filles ont pris la parole et comptent rester en classe.

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