125 ans d’évangélisation au Burkina Faso : l’arrivée des Pères blancs

Le 25 juin 1901 marque une date importante pour l’histoire religieuse du Burkina Faso. Ce jour-là, des prêtres de la Société des Missionnaires d’Afrique s’installent à Ouagadougou. Leur but est d’annoncer l’évangile dans cette région. Cette arrivée fait suite à un premier travail commencé en 1900 à Koupéla. L’ensemble du projet d’évangélisation est porté par Mgr Charles Martial Allemand Lavigerie. Nommé archevêque d’Alger en 1867, il poursuit deux grandes ambitions.

La première ambition concerne l’Afrique du Nord. Lavigerie souhaite rechristianiser cette terre qui a vu naître des figures comme Tertullien et Saint Augustin. Ces deux Pères de l’Église continuent d’inspirer des fidèles et des intellectuels. Le pape Léon XIII le soutient dans cette tâche. Il le crée cardinal en 1882 et lui confie le siège de Carthage en 1884.

La seconde ambition vise l’Afrique noire, en particulier le Soudan. Lavigerie veut en faire une terre chrétienne. Il constate que l’islam y est déjà présent. Mais il juge sa pratique superficielle. Il pense que les missionnaires peuvent endiguer cette progression. Pour cela, il demande à la Sacrée Congrégation de la Propagande de créer une circonscription apostolique pour le Sahara et le Soudan. Sa requête est acceptée en juillet 1867. La Préfecture apostolique du Sahara et du Soudan voit le jour. Lavigerie en devient le délégué apostolique.

Pour réaliser son projet, Lavigerie a besoin d’ouvriers de la foi. Il fonde en 1868 la Société des Missionnaires d’Afrique, connue sous le nom de Pères blancs. L’année suivante, il crée la Société des Sœurs missionnaires de Notre Dame d’Afrique, appelées Sœurs blanches. En février 1878, Léon XIII confie l’Afrique équatoriale aux Pères blancs. Six vicariats apostoliques sont créés progressivement. La Société des Missionnaires d’Afrique devient alors l’une des plus grandes congrégations engagées dans l’évangélisation du continent.

Lavigerie prévoit d’évangéliser le Soudan en passant par le Sahara. Les Jésuites avaient déjà commencé ce travail à Laghouat, dans le Sud algérien. Les Pères blancs les remplacent à partir de 1872. Depuis Laghouat, ils fondent des postes à Biskra, Ouargla, Touggart, Gerryville et Metlili. Au-delà du Sahara, Lavigerie vise Tombouctou. Cette cité commerciale et intellectuelle est présentée avec sympathie par les voyageurs arabes. L’archevêque d’Alger la considère comme la capitale du Soudan. Il en fait la première cible d’évangélisation. De Tombouctou, les Pères blancs doivent répandre l’évangile dans toute la région.

En janvier 1876, Lavigerie envoie une première caravane missionnaire depuis Metlili. Elle est composée des Pères Alfred Paulmier, Pierre Bouchand et Philippe Menoret. Des guides touaregs les conduisent. En avril suivant, les trois prêtres sont assassinés par leurs guides. Ils deviennent les premiers martyrs de l’évangélisation du Soudan. La première mission des Pères blancs en Afrique subsaharienne est finalement établie en 1878 dans la région des grands Lacs. Partis de Bagamoyo au Tanganyika en juin 1878, neuf missionnaires arrivent à Tabora trois mois plus tard. Cinq d’entre eux atteignent les rives du lac Victoria en février 1879. Au total, seize missionnaires investissent l’Afrique équatoriale pour annoncer l’évangile.

Malgré ces efforts, le Soudan reste une préoccupation pour Lavigerie. La route par Metlili est abandonnée après le massacre. L’archevêque explore alors une voie contournée par la Libye. Il crée deux postes missionnaires à Tripoli et à Ghadamès. Ces postes doivent servir d’îlots de chrétiens dans le désert. Lavigerie pense que cette route sera plus sûre. Il fortifie même ces postes avec des religieux soldats. Le 18 décembre 1881, les Pères Louis Richard, Gaspard Morat et Alexis Pouplard partent de Ghadamès pour le Soudan. Leur caravane doit passer par Kano, au nord du Nigeria, puis remonter vers Tombouctou. Mais trois jours plus tard, le 21 décembre, ils sont massacrés dans le désert libyen par leurs guides touaregs. Ces massacres montrent qu’il n’existe pas de route sécurisée entre l’Afrique du Nord et le Soudan via le Sahara.

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